Mythe d'argile (3) : le chant du fourneau

" Le lendemain, des potiers en argile (de Samos) qui travaillaient à cuire des vases de terre et mettaient le feu aux fourneaux, aperçurent Homère, dont le mérite leur était déjà connu ; ils l'appelèrent, et l'engagèrent à leur chanter des vers, promettant, pour prix de sa complaisance, de lui donner quelques vases ou toute autre chose de ce qu'ils possédaient. Homère accepta leurs offres, et se mit à chanter la pièce de vers qui, depuis, a été nommée Le Fourneau; la voici:
O vous, qui travaillez l'argile, et qui m'offrez une récompense, écoutez mes chants !
Minerve, je t'invoque; parais ici, et prête ta main habile au travail du fourneau ; que les vases qui vont en sortir, et surtout ceux qui sont destinés aux cérémonies religieuses, noircissent à point ; que tous se cuisent au degré de feu convenable, et que, vendus chèrement, ils se débitent en grand nombre dans les marchés et les rues de nos cités ; enfin, qu'ils soient pour vous une source abondante de profits, et pour moi une occasion nouvelle de vous chanter.
Mais si vous voulez me tromper sans pudeur, j'invoque contre votre fourneau les fléaux les plus redoutables : et Syntrips, et Smaragos, et Asbestos, et Abactos, et surtout Omodaraos, qui, plus que tout autre, est le destructeur de l'art que vous professez.
Que le feu dévore votre bâtiment, que tout ce que contient le fourneau s'y mêle et s'y confonde sans retour, et que le potier tremble d'effroi à ce spectacle; que le fourneau fasse entendre un bruit semblable à celui que rendent les mâchoires d'un cheval irrité, et que tous les vases fracassés ne soient plus qu'un amas de débris.
Les génies malfaisants personnifiés par le poète sont ainsi expliqués par le traducteur : Syntrips et Smaragos expriment la rupture de la terre en morceaux ; Asbestos est le feu qu'on ne peut modérer ; Abactos caractérise l'infortune des ouvriers dont les travaux sont anéantis ; enfin Omodamos est la force destructive à laquelle rien ne résiste."
O vous, qui travaillez l'argile, et qui m'offrez une récompense, écoutez mes chants !
Minerve, je t'invoque; parais ici, et prête ta main habile au travail du fourneau ; que les vases qui vont en sortir, et surtout ceux qui sont destinés aux cérémonies religieuses, noircissent à point ; que tous se cuisent au degré de feu convenable, et que, vendus chèrement, ils se débitent en grand nombre dans les marchés et les rues de nos cités ; enfin, qu'ils soient pour vous une source abondante de profits, et pour moi une occasion nouvelle de vous chanter.
Mais si vous voulez me tromper sans pudeur, j'invoque contre votre fourneau les fléaux les plus redoutables : et Syntrips, et Smaragos, et Asbestos, et Abactos, et surtout Omodaraos, qui, plus que tout autre, est le destructeur de l'art que vous professez.
Que le feu dévore votre bâtiment, que tout ce que contient le fourneau s'y mêle et s'y confonde sans retour, et que le potier tremble d'effroi à ce spectacle; que le fourneau fasse entendre un bruit semblable à celui que rendent les mâchoires d'un cheval irrité, et que tous les vases fracassés ne soient plus qu'un amas de débris.
Les génies malfaisants personnifiés par le poète sont ainsi expliqués par le traducteur : Syntrips et Smaragos expriment la rupture de la terre en morceaux ; Asbestos est le feu qu'on ne peut modérer ; Abactos caractérise l'infortune des ouvriers dont les travaux sont anéantis ; enfin Omodamos est la force destructive à laquelle rien ne résiste."
Vie d'Homère par Hérodote : le chant du fourneau,
traduit par M. Miot
traduit par M. Miot
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