Exposition des Poteries de Brissard

Publié le par afa

 

Communiqué de presse // Rédaction et photos : C. Asse et S. Collin 



Quand la lumière du feu se fait lumière de la terre

 
Exposition
des Poteries de Brissard jusqu'au dimanche 27 juin 2010
Musée Flora Gallica

 

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La région du Drouais et de la vallée de l'Eure donne souvent l'occasion à ses habitants de découvrir des tessons de terre vernissée de couleur verte mêlée à la terre des jardins ou enchâssés dans de vieux murs.

A Abondant et dans ses hameaux dont principalement Brissard, comme dans nombre de hameaux ou villages alentours, en levant les yeux on aperçoit des épis de faîtage de cette même terre vernissée verte, des vases décoratifs en haut de piliers de portes d'entrée (comme ceux de style dit « Médicis » de la rue des Poteries à Brissard), ou, sur des pans de toits, des chatières souvent en forme de tête de grenouille, et, plus rarement, des tuiles faîtières parfois décorées d'une tête de personnage.
Le hameau de Brissard (aussi autrefois orthographié Brissart) dont le nom provient de  « bois essart » (essarter signifiant défricher), avait la particularité de posséder trois éléments essentiels à une production de poteries : le bois nécessaire aux fours avec la forêt dite de Dreux (qui est en réalité la forêt d'Abondant car située dans sa majeure partie sur le territoire de cette commune), l'eau avec les bords de l'Eure (avec un lieu-dit dénommé la « Pantoufle » en raison de la forme de l'île formée au milieu de la rivière à cet endroit), et bien sûr le sous-sol argileux pour la réalisation de ces poteries populaires destinées à un usage courant. Des effondrements de terrain, d'importance considérable parfois, témoignent encore des anciens « filons » et peuvent apparaître au beau milieu d'un terrain (il y a quelques années dans une propriété familiale de la rue du Bois Prieur).

 

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ll existait vraisemblablement nombre de petits potiers dans la région du Drouais jusqu'au plateau de St André de l'Eure mais la production essentielle se situait à Brissard, du début du XVlllème jusqu'au XXème siècle.
« Abondant » est indiqué comme un des principaux gisements argileux de France dans un fascicule des Arts et Métiers de 1924 aux Editions Delagrave. Un four très bien préservé est encore visible chez un particulier de « l'impasse des Poteries ». « La rue des Poteries »  comme « la rue de la Briquetterie* »  rappelle cette activité importante.

*réf : Association pour l'étude et la sauvegarde des vestiges du canal de louis XIV (Canal de l'Eure / Versailles / Aqueduc de Maintenon) : « Dès 1685, Louvois conclut un grand nombre de marchés avec des entrepreneurs venus souvent de loin. Douze millions de briques furent commandées à Lille, à a briqueterie Royale d'Abondant. D'autres furent fabriquées sur place. »


Les voûtes de caves des maisons de l'époque sont généralement construites avec des cylindres striés, creux et fermés, et des briques dont certaines portent parfois une marque gravée « Brissard » que l'on trouve aussi sur certaines poteries. Au hasard d'une promenade, on remarque facilement des briques vernissées au milieu d'autres dans des murets: traces d'un « développement durable »  avant l'heure, car les briques d'anciens fours avaient une seconde vie et servaient à faire des murs.

Souvent confondues avec les poteries du pré d'Auge et du nord de l'Eure, les poteries de Brissard avaient des particularités aujourd'hui connues. Les formes de tout ou partie des pièces (comme par exemple celles des goulots ou des cols) permettent de différencier les productions. La glaçure au plomb favorisait l'entretien des pièces. La couleur verte, la plus répandue et facilement identifiable, est due à des oxydes de cuivre. Les coulures visibles, fruits du hasard déterminés par la position des pièces lors de l'enfournement, occasionnaient involontairement des effets de nuances. Se décline ainsi toute une gamme de verts passant pour certains de l'ocre jaune au marron mais aussi pouvant aller à un vert acier presque bleuté. On voit parfois des marques dites « touches », résultat de la séparation de poteries collées lors de la cuisson. Une bonbonne, de forme ventrue et ansée, est gravée au nom de « Gasselin 1796 », des pots à crème et pots à laits portent l'estampille gravée «Gasselin à Brissard». Cette famille Gasselin qui fut propriétaire d'une importante poterie (fermée en 1905), employait certainement plusieurs dizaines de salariés. Une autre bonbonne porte le nom de « Pierre Lesieur ».
Certaines poteries sont des pièces dites de référence, comme une gourde lenticulaire (de forme ronde et aplatie), sur laquelle est écrit sur une face : « Fait par moi Jean-Baptiste Cardonné berger à Abondant » et sur l'autre face « Nicolas Clairet bûcheron au Bois le Roy 1851 ».
Une autre gourde est ainsi gravée : « Fait par moy Jean Lainé à Brissard avril 1815 »; et une autre « Pour le sieur Joseph Lépousé demeurant à Marsyy 1770 (Marcilly) », une autre de la même écriture « Pour François Gigan Bû 1775 ».
Ces pièces seront présentées avec d'autres, prêtées par des passionnés, à Flora Gallica du 15 mai au 27 juin 2010
 
Une des pièces emblématiques de Brissard est la bonbonne ventrue agrémentée de 2 ou 4 anses. On trouve aussi des bouteilles droites servant à garder du cidre ou autre liquide, des pots à conserves, à lait, des « déjeuners de berger »* aussi dits « bergères » ou « porte-dîners » composés de deux pots joints avec couvercle de tailles différentes et réunis par une anse, des jattes et plats ronds, des cruches, des barattes, des bouillottes cylindriques à anses et des chaufferettes rondes ressemblant à des pique-fleurs, des coquemards pour réchauffer de la soupe et des cuit-pommes utilisés en bord de feu de cheminée dans cette région ayant alors concilié culture céréalière et exploitations vinicoles (quartier de la Croix des Vignes et du Clos des Perches à Abondant ; la « perche » était une ancienne unité de mesure dans les vignes), et des vergers pour la production de cidre.
*réf : collection « Arts Traditionnels » / « Poteries Vernissées - comment les reconnaître » de Béatrice Pannequin, ancienne conservatrice du Musée de Sèvres et du Musée des Arts et Traditions Populaires, responsable des Céramiques d'Arts Populaire.

 

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« Quand la lumière du feu se fait lumière de la terre »
Musée Flora Gallica jusqu'au 27  juin à Abondant

 

 http://www.museedudrouais.com/index.htm

 

 

 

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