HOMMAGE A AIME CESAIRE
"Enroule-toi, vent, autour de ma nouvelle croissance Pose-toi sur mes chants mesurés Je te livre mes paroles abruptes Dévore et enroule –toi Et t’enroulant embrasse-moi d’un plus vaste frisson Embrasse-moi jusqu’au nous furieux
Embrasse, embrasse NOUS Mais nous ayant également mordu Jusqu’au sang de notre sang mordu ! Embrasse, ma pureté ne se lie qu’à ta pureté Mais alors embrasse Comme un chant de justes filaos Le soir Nos multicolores puretés Et lie, lie-moi sans remords Lie-moi de tes vastes bras à l’argile lumineuse Lie ma noire vibration au nombril même du monde Lie, lie-moi, fraternité âpre Puis m’étranglant de ton lasso d’étoiles Monte, Colombe Monte Monte Je te suis, imprimée en mon ancestrale cornée blanche".